Reine Esther

Qui est cette jeune femme aux vêtements drapés de soie, assise sur un divan orné d’or et d’argent? Une parure dorée sur des cheveux très noirs. Son regard, triste ou interrogateur? Elle attend. Une autre femme derrière elle s’apprête à l’entourer d’un tissu de satin. Une servante penchée sur un coffre à ses côtés lui choisit un bracelet.

En arrière-plan, un mur sculpté s’ouvre sur une porte qui  laisse entrevoir l’entrée vers autre salle.

Il s’agit d’une peinture d’Edwin Long qui s’intitule: Reine Esther. Une toile que j’ai pu admirer, il y a de cela quelques années, lors d’une visite au Musée. Je suis restée longtemps immobile devant ce tableau immense accroché au mur d’une grande salle. J’avais l’impression de pénétrer dans un palais. Sur la pointe des pieds, je glissais sur le parquet à motifs. J’étais tout-à-coup entourée de décors somptueux aux couleurs orientales. Comme dans les Milles et Une Nuits. Je ne pouvais détacher mon regard du visage de cette jeune femme aux yeux noirs. De grands yeux qui nous regardent et du coup, nous voilà plongés dans le ruisseau de l’Histoire.

Je me suis mise à raconter à quelqu’un qui m’accompagnait, des faits qui se sont passés il y a de cela 479 années avant J.C. Un récit que l’on retrouve dans la Bible. Une histoire fascinante remplie de péripéties et de revirements soudains. C’était au temps du roi Xerxes, roi des Mèdes et des Perses. Xerxes qu’on appelle aussi dans l’histoire Assuérus. Cet empereur vient tout juste de destituer la reine. Parce qu’elle a refusé son invitation. Il voulait que tous ses sujets puissent admirer la grande beauté de sa femme. La reine offusquée par cette demande refuse de s’exposer. Après tout, elle n’est pas un bel objet à contempler. Quelques semaines après l’événement, le roi regrette son geste de colère. Mais l’impératrice s’en est allée. L’empereur a de nombreuses concubines. Elles ne peuvent remplacer sa belle. Le roi s’ennuie.

On recherche une autre femme pour remplacer Vasthi, l’impératrice déchue. Dans tout le royaume plusieurs jeunes filles sont choisies pour venir au palais. Parmi elles, une exilée. Elle s’appelle Hadassa en langue perse. Mais son vrai nom, c’est Esther, ce qui signifie «Étoile». Esther est orpheline. Elle a été recueillie par son cousin qui l’a élevée comme sa propre fille. Toute la cour la remarque. Elle a beaucoup de charme et elle est très belle. C’est elle qui sera choisie.

Au palais Esther, sous les conseils de son cousin, n’a pas révélé son identité.  Pas même au roi. Personne ne sait qu’elle est Juive. Une intrigue se joue, car un ennemi s’élève. Il s’appelle Haman. Lui non plus ne sait rien à propos de l’impératrice. Il prépare un génocide. Par différents subterfuges, cet ennemi des Juifs réussit à convaincre le roi d’exterminer toute la nation du royaume. Enfants, adolescents, hommes femmes et vieillards. L’empereur lui accorde tous les pouvoirs. Esther ne connaît pas  encore les projets maléfiques de cet homme rempli de haine pour son peuple. C’est son cousin qui les lui révèle.  Il incitera sa protégée à intervenir. «Qui sait si ce n’est pas en vue de telles circonstances que tu es devenue impératrice!», lui écrit-il dans une missive. Son père adoptif insiste. Petite étoile risque beaucoup. De là vient la célèbre phrase: «Si je dois périr, je périrai».

Ce récit palpitant se trouve dans l’Ancien Testament, plus précisément: Le livre d’Esther.

Esther, oui, « Une femme remplie de force et de grâce».

© Cécileb

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